Walker Evans

26.04.2017 - 14.08.2017

in short

Walker Evans (1903-1975) est l’un des photographes américains les plus importants du 20e siècle. Ses photographies de l’Amérique en crise dans les années 1930, ses projets publiés dans le magazine Fortune dans les années 1940 et 1950 et son « style documentaire » ont influencé des générations de photographes et d’artistes. Par son attention aux détails du quotidien, à la banalité urbaine et aux gens de peu, il a largement contribué à définir la visibilité de la culture américaine du 20e siècle. Certaines de ses photographies en sont devenues les icônes.


© © Walker Evans Archive, The Metropolitan Museum of Art © Fernando Maquieira, Cromotex

Visitor entrance

Centre Pompidou
Cedex 04
75191 Paris
France 

Detailed information about the museum on euromuse.net

Centre Pompidou

in detail

« Vous ne voulez pas que votre œuvre vienne de l’art ; vous voulez qu’elle prenne origine dans la vie ? C’est dans la rue qu’elle se trouve. Je ne me sens plus à l’aise dans les musées. Je n’ai pas envie de les visiter. Je ne veux pas qu’on m’apprenne quoi que ce soit. Je ne veux pas voir de l’art ‹ accompli ›. Je m’intéresse à ce que l’on appelle le vernaculaire. » Walker Evans, entretien avec Leslie Katz (1971).

À travers plus de quatre cents photographies et documents, la rétrospective Walker Evans (1903-1975) présentée au Centre Pompidou témoigne de l’obsession de ce photographe américain pour la culture vernaculaire de son pays. Evans est l’un des photographes américains les plus marquants du 20e siècle. Son portrait de l’Amérique pendant les années de la Grande Dépression, son « style documentaire » et sa fascination pour la culture populaire américaine ont marqué des générations de photographes et d’artistes. Réunissant les meilleurs tirages des plus grandes collections publiques et privées, cette exposition accorde également une large place aux collections réunies par Walker Evans pendant toute sa vie. Elle offre une approche renouvelée de cette œuvre majeure de l’histoire de la photographie.

Une observation attentive de ses images – des toutes premières réalisées dans les années 1920 jusqu’à ses derniers Polaroids – révèle une fascination pour les objets utilitaires, domestiques et locaux. Cet attrait pour les formes et les pratiques populaires naît très tôt chez l’artiste, qui commence, dès son adolescence, à collectionner les cartes postales. Plus de dix mille pièces, rassemblées jusqu’à son décès, sont aujourd’hui conservées au Metropolitan Museum, à New York. D’autres objets du quotidien, produits en masse, issus de sa collection personnelle – plaques émaillées, affichettes, publicités… – sont dévoilés dans l’exposition.

L’attirance de Walker Evans pour le vernaculaire s’exprime, avant tout, par le choix de ses sujets : architecture victorienne, baraques de bords de routes, devantures de magasins, affiches de cinéma, pancartes, enseignes… Les visages et les corps des gens modestes, victimes de la Grande Dépression, simples passants anonymes, peuplent également son iconographie du populaire. Ce qui constitue le « typiquement » américain, c’est aussi le revers du progrès. Pendant les années 1930 en particulier, ruine et rebut jonchent le paysage américain. Evans les traque dès cette période, et jusqu’à la fin de sa vie. Détritus industriels, débris d’architecture, carcasses d’automobiles, maisons de bois tombées en décrépitude, anciennes demeures de Louisiane au prestige déchu, antiquités, déchets, intérieurs décatis et surfaces décrépies, constituent l’autre visage de l’Amérique. Autant que les majestueux gratte-ciel ou les automobiles rutilantes, tout ceci incarne la modernité. Cette obsession pour l’obsolescence et le déclin a nourri, chez le photographe, une position critique. Elle laisse également transparaître une profonde fascination pour les mécanismes de surproduction et de consommation propres à son époque.

Le photographe ne collectionne pas uniquement les formes du vernaculaire, il en adopte également les modes opératoires. Dans nombre de ses images, il s’approprie les codes de la photographie appliquée : prises de vue en série, frontalité, apparente objectivité. Posté, appareil à la main, au croisement des rues, dans le métro, il accumule, avec une volonté d’exhaustivité, des dizaines de portraits de citadins, déclenchant son obturateur avec le même automatisme qu’une cabine de photomaton. Tel un photographe de cartes postales ou d’architecture, Evans établit, avec un systématisme surprenant, un répertoire d’églises, de portes, de monuments, d’artères principales de petites villes américaines. Sculptures, chaises en fer forgé ou simples outils de bricolage : tous semblent avoir été sélectionnés pour leur qualité unique d’objet. La répétitivité, l’apparente objectivité et l’absence d’emphase de ses images sont caractéristiques des photographies produites à la commande. En 1935, le Museum of Modern Art de New York demande à Evans de photographier les six cents sculptures africaines présentées dans l’exposition « African Negro Art ». La méthode adoptée rappelle celle des photographes de catalogue : il évite soigneusement de jouer avec l’effet dramatique des ombres en trouvant l’angle de vue permettant de les faire disparaître ; son cadrage est serré sur les objets qui se découpent sur un fond neutre et trouvent une nouvelle élégance. Le photographe reprend régulièrement ce dispositif au cours des années suivantes, notamment pour un portfolio qu’il consacre à la beauté des outils ordinaires (« Beauties of the Common Tool ») paru dans le magazine Fortune en juillet 1955. Cette adoption des formes et des procédures de la photographie non artistique, alors même qu’Evans revendique une démarche créative, préfigure – avec quelques décennies d’avance ! – les pratiques d’artistes conceptuels dans les années 1960.

Clément Chéroux

Julie Jones


in Code Couleur, n°28, mai-août 2017, pp. 14-17
Admission
Adult 13 or 11 EUR / concessions 10 or 9 EUR (depending on the period)
https://www.youtube.com/watch?v=9GTiNLciDiw
The exhibition venue on google maps:

keywords

architecture, non-european cultural history, photography, modern art, non-european art, art, paysage, mode, industrie, photographie, carte, culture, devanture, enseigne, etats-unis, exposition monographique, noir et blanc, pauvreté, photographe, antiquité, automobiles, cinéma, émail, portrait, affiche, bois, Antiquité, monument

Opening Times

Sun
11:00 - 22:00
Mon
11:00 - 22:00
Tue
-
Wed
11:00 - 22:00
Thu
11:00 - 22:00
Fri
11:00 - 22:00
Sat
11:00 - 22:00
The contemporary collections on level 4 of the museum are closed to the public until 15 june.
Thank you for your understanding.

euromuse.net - The exhibition portal for Europe